J’avoue que parfois, j’aimerai que les choses soient plus simples.

Il partirait tous les jours au lycée, douché, rasé de près, l’haleine mentholée, ses cours impeccablement rangés sous le bras et les dents qui glingueraient des petites étoiles quand il me sourirait en me souhaitant une « agréable journée ma maman chérie ».

Si la réalité est bien différente, je ne suis pas loin de la préférer à cette version « parfaitement » angoissante.

Je crois que la mission ultime de Mini Loulou est de remettre en question et de bouleverser toutes mes certitudes de mère. En quelques minutes, il me désarçonne par sa maturité et sa connaissance de lui-même, de ses failles et de ses forces, quand tout à coup, alors que je le regarde d’un œil serein et (presque) rassuré,  il bascule en un clin d’œil dans le grand guignol zizi-pipi-popo d’un ado de 17 ans …

Il ne sera jamais un élève modèle, même s’il est sans aucun doute un esprit brillant. Dans l'éducation de nos enfants, nous avons fait le choix de privilégier leur personnalité à leur capacité à se conformer ; il faut quelquefois en payer le prix. Nous n’aurons pas d’enfants « trophées ». Tant mieux.

Il a l’air d’être un ami loyal, fidèle et un petit ami attentionné et drôle. Il sait exprimer sans ambages  sa joie, sa plénitude, sa colère, sa tristesse, ses interrogations, ses envies.

Quand je regarde son chemin,  je me dis que ce n'est définitivement pas le mien. Et je reste encore baba devant ce que nos enfants sont capables de faire ou d'être quand on leur laisse la possibilité d’être ce qu’ils sont, même si c’est plus dérangeant pour nous.

Plus secret, nous avons nos moments d'intimité à nous, généralement dans la voiture quand je cède pour un MacDo, quand nous faisons des tours de rond-points sur Titanium en pensant à sa fofolle de marraine, quand nous débattons, quand je l'écoute, lui insuffle le respect des femmes, de ses proches et de lui-même.

C'est un grand gaillard qui me dépasse largement et qui met à mal mes cervicales quand je le sermonne. Il a bien déjà essayé de me regarder de haut un jour de crise (ce qui a réveillé le ninja en moi) mais j'ai encore le droit de le prendre dans mes bras et là, le temps d’un soupir de bonheur, je retrouve mon petit garçon craquant aux mèches cuivrées et aux joues à bisous.

Joyeux anniversaire mon fils, ma bataille, ma fierté.

thug life(private joke)