J’ai beaucoup hésité à écrire cet article tant à la fois il est personnel et un peu tabou quelque part aussi.

Alors, voilà, je viens d’avoir 44 ans.

C’est jeune, je l’ai toujours pensé. L’âge c’est dans la tête. Ok peut-être aussi au coin des yeux.

Et puis depuis quelques temps, je me rends compte que mon âge il est peut-être aussi dans mes hormones.

Il y avait bien la sorcière de ma collègue (une acupunctrice un peu barrée) qui m’avait averti d’un léger ralentissement hormonal. Vu que j’étais concentré sur les aiguilles dont elle venait de me hérisser le corps (bon ok j’exagère y en avait 4 mais très « présentes »), je n’ai pas plus relevé que ça.

La graine était plantée pourtant et elle a germé dans la nuit. Toute la nuit en fait. J’y ai repensé, j’ai realisé que la ménopause n’était pas si loin. J’ai eu peur, j’ai ressassé, j’ai ruminé.  Et j’y ai repensé encore. Résultat, au réveil, j’avais vraiment l’air d’avoir 153 ans…

La journée aidant, et d’autres soucis plus importants supplantant ce petit sursaut d’égo, je suis passée à autre chose.

Oui, parce que lorsqu’on avance dans les années, on change de « période » : on a traversé les phases mariages, naissances, puis on atteint la formule « mes copains divorcent, mes copines se rebellent, les ados se multiplient, ma famille se réduit peu à peu ». On pleure les proches qui partent, on sait que c’est la vie, mais ce n’est pas parce que c’est logique que ce n’est pas bouversifiant. Les deux notions sont hélas parfaitement compatibles.

Bref !

Et puis, je fais un super stage de massage (relaxation coréenne) hyper physique pour le masseur, je suis sur les rotules en fin de journée. En fait non pas sur les rotules justement, parce qu’elles sont toutes bleues . Pour info, la relaxation coréenne, c’est un massage qui se donne au sol sur un futon et 2 jours intensifs en tête à tête avec le prof font que je profite de chaque instant , y compris les pauses pipi pour me relaxer les genoux.

D’ailleurs, à cette occasion, je remarque quelques tâches. Je me dis c’est pas grave. Même si je fais du sport régulièrement (pas comme une dingue mais un peu chaque jour), ces deux jours m’ont rincée comme pas possible, alors ça peut arriver non ?

Et finalement, non, il y a ce matin-là où je constate que c’est un nouveau cycle qui démarre. Au bout de 14 jours. Moi qui suis réglée comme un papier millimétré.

photo mnopause-fi749276x430Des recherches sur internet j’en ai déjà fait des tas. Elles ne m’ont pas réconfortée loin s’en faut évidemment. Pas tellement pour les symptômes … quoique : bouffées de chaleur, kilos en plus (eh ben voyons ! ), perte de capacité intellectuelle (si si je vous assure) sècheresse vaginale (miam !), perte de libido, perte de muscle, tout qui pendouille, qui part en c**** … youpi…

 

Pourtant, à la réflexion, j’aurais du voir certains détails, des indices comme une taille qui s’épaissit un peu plus (comme si j’en avais besoin ! je pense que mère nature est une vieille frustrée qui a décidé de me pourrir la vie) alors que je m’escrime à faire davantage de sport quitte à me lever avant le soleil et que mon alimentation n’est pas délirante (excepté un petit kinder maxi avec le café au bureau oui mais j’ai le droit hein ! je travaille avec des informaticiens !)

Mais c’est surtout que je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles abordant cette phase comme un nouveau cycle, un nouveau départ, une phase même tout simplement. J’ai surtout vécu ça comme une fin, une fin de ma féminité, de ma jeunesse, de ma maternité, une perte, …limite un pied dans la tombe ou devant le déambulateur. Et j’ai réalisé qu’effectivement, quand on a ses règles pour la première fois, on te dit « aujourd’hui, tu deviens une femme ». Le pendant de tout cela (quel vilain mot que voilà), certainement, c’est donc que lorsqu’elles s’arrêtent ces fameuses ragnagnas, ben …tu deviens quoi ?

Comment bien aborder cette période pourtant inévitable sans déprimer grave ?

Alors on me dit que je suis enfin libérée, délivrée de tout ce rituel mensuel, de ces phases lunaires (et lunatiques ?). Mais perso, je n’ai jamais eu de relations conflictuelles avec mon cycle. Certes, je ne danse pas chaque mois la carioca, mais je ne suis pas non plus au fond du trou. Quelque part, je leur avais donné du sens.

J’ai versé ma larme ce matin là. J’ai eu l’impression de commencer  le deuil d’une période que je croyais encore bien longue.  J’ai eu aussi l’impression d’être précipitée vers la ligne d’arrivée d’un coup, sans avoir fait tout ce que je voulais, de ressentir l’urgence des choses tout à coup.

Attristée oui, mais pas désespérée.

Parce qu’après tout, Je me dis que je pourrais aussi faire fi de tout ceci. Et voir ce que ça va donner. J’ai toujours eu en horreur toutes les formes de déterminisme. Rien ne presse, tout ne va pas se faire en un jour. Je ne pense pas que mon identité soit uniquement dans mon flux non plus. J’ai envie de réinventer tout cela. Peut-être qu’un jour j’entamerai un nouveau thème ici : mes joyeuses aventures  en ménopausie.

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