c bien fée pour vous

30 novembre 2020

Dialogue avec mon psy – Episode 8

Je le retrouve dans son salon, son magnifique salon baigné de lumière avec les voilages qui dansent dans une brise qui sent le chèvrefeuille. En novembre, pas de souci. 

Il est là sourire aux lèvres, biceps aux bras, chemise en lin crème qui a le bon goût de voleter aussi un peu, il tend les bras et je retourne chez moi, dans cet espace particulier où je me sens à la fois en sécurité et hautement en danger (ou dangereuse selon mon humeur)

« 

-         Hummm - ronronne mon psy- vous m’avez manquée

-         Mouais, je suis certaine que vous dites ça à toutes vos patientes

 (il rit en silence contre moi)

-         Comment allez –vous ? dit-il en s’écartant un peu et en me désignant mon fauteuil fétiche

-         Ça va ! dans cette merveilleuse année 2020 , je dirai que je m'en sors pas trop mal. Mais j'ai hâte aussi de me dire en riant que c'était quand même une sacrée bouillasse malodorante cette période.

Il reste silencieux un instant en me dévisageant intensément. Aïe, ça sent pas bon pour moi ça.

-         Comment vous sentez vous ? cela fait un peu plus d’un an non ?

Je soupire et m’effondre un peu sur moi-même.

-         Oui...

-          Et ?

-         La plupart du temps, je ne garde d’elle que l’amour. Et quelque part je suis heureuse que ce ne soit pas passé cette année, parce que ne pas pouvoir être là quand elle en avait besoin, la rassurer quand elle paniquait à l’hôpital, mon dieu cette peur dans ses yeux…  J’aurais fini en taule pour avoir franchi tous les barrages. Ma sœur aussi. Et elle serait morte seule. 

-         Et le reste du temps ?

femme-avec-visage-qui-se-fragmente-e1531466585653-         Je ne suis plus la fille de personne, personne ne peut plus me considérer comme son petit qui a bien grandi, voir en moi l’enfant que j’ai été. Désormais, c’est ma sœur et moi contre l’éternité. J’ai appris avec mes mères, l’amour, l’imperfection, la douleur, la souffrance tellement grande qu’elle vous dévore peu à peu, qu’elle vous prive de la maternité. J’ai appris d’elles tant de choses que je n’ai pas encore assimilées. Et ma plus grande fierté c’est quand je vois ma fille, qui est un peu le résultat de toute cette infusion de connaissances, ce qu’elle est les ferait se redresser de fierté, elle est l’accomplissement de toute cette lignée. 

-       Toute une lignée de femmes fortes à vous entendre

-      C'est vrai, je souffle, je puise dans mes racines pour ne pas vaciller mais parfois une odeur, une saveur, des inflexions de voix ou des expressions me renvoient à ma douleur et à ma solitude. Il y a certes une certaine liberté parfois, de ne plus craindre de décevoir, de ne plus sentir ce devoir de correspondre à l’image que nos parents ont construite de nous. Mais je donnerai volontiers cette liberté contre quelques minutes avec elles.

Il a pris ma main avec une infinie délicatesse et a déposé dessus un baiser léger comme une plume.

-         Vous voilà bien philosophe… constate-t-il d’une voix douce

Je lui lance une œillade

-         Ne vous emballez pas. N’est pas Socrate qui dit un ou deux trucs à peu près justes

-         Et comment va celui-dont- je- n-ai- pas- envie- de- prononcer-le nom?

-         Mauvaise pioche en temps de confinement!  je suis mariée avec le mec le moins tactile du monde (mais le meilleur cuisinier on the world;-), ne pas voir les gens l’enchante, moins d’interactions sociales, c’est le pied. J’ai quand même le droit de les lui masser, les pieds

-         Si j’étais lui … - me susurre mon psy en touchant les boutons de sa chemise (sérieux, s’il continue, je n’aurai plus aucune chance d’avoir un raisonnement correct)

-         Comment avancez -vous ? - reprend-il - Comment passez-vous ce cap un peu spécial?

-         J’essaie d’ouvrir mon esprit à d’autres perspectives, j’ai cherché des réponses dans d’autres spiritualités, d’autres points de vue, d’autres visions du monde. Mais cela a généré plus de frustrations que de solutions 

-         Pourquoi donc?

-         Je n’avais pas ces fameux ressentis incroyables, cette connexion divine avec mes guides (d’ailleurs, les mecs si vous me lisez, n’hésitez pas hein!), la terre, le ciel, le soleil, les étoiles, les antennes télé, pfff je ne sais pas, je ne me reconnais pas là-dedans. C’est un monde où il ne faut plus dire “il faut” (ah eh ben raté) “je dois” mais plutôt “je t’invite, je m’invite à”... où les coups de gueule sont quasi inacceptables, où il faut embrasser sa peine, accepter de danser sous la pluie, blaaaa blaaaa blaaaa. Si certains éléments me semblent sains et plutôt intelligents, sérieux, est-ce qu’on a encore le droit de péter un bon câble ? de traiter de connard le mec qui s’est comporté comme le dernier des bâtards ? de chouiner un peu sur son sort, parce que personne ne le fait mieux que nous mais surtout parce que parfois, personne ne le fera à notre place.

-         Effectivement, rit-il doucement, vous ne semblez pas adhérer complètement

je lui lance un de mes regards faussement noirs

-         Je ne dis pas de se répandre en gémissements et en lamentations en se traînant en haillons sur le sol, cheveux sales et corps griffé. Non, juste s’écouter une chanson bien triste, pleurer tout doucement ou avec des grands sanglots, faire un câlin à une peluche antédiluvienne, ruiner plusieurs boîtes de kleenex. Puis/Et, rager, insulter, être d’une incroyable mauvaise foi en sachant pertinemment qu’on l’est, ne pas justifier parfois cette tristesse qui remonte comme un vieux relent. Pour finalement, renifler, sourire un peu, écouter un tube ringard des années 80, se retrouver forte en dansant et en chantant les pires paroles du siècle dernier. Se sentir reine les pieds dans la terre et les cheveux au vent. Ecouter la brise dans les arbres et se dire … ben rien, rien du tout justement, juste que c’est beau le chant du vent dans les branches.

-         Qu'est-ce que vous ressentez en ce moment ? 

-         Honnêtement, je ne sais plus ce que je ressens excepté un profond ras-le -bol. Je me sens prête à m’affranchir de certains dogmes, je m’y invite vachement même hein ! Mais pour être soi-même, il faut accepter de se voir telle qu’on est, en pleine lumière, sans nos arrangements personnels. Pas toujours easy -peasy de se dire qu’on est quelqu’un de bien y compris quand vous vous sentez un peu le souffre, de s’avouer que vous êtes bien ombre et lumière, et d’accepter que oui, l’ombre est bien là, bien noire et dense en vous et que cette part-là vous définit autant que la part lumineuse que les autres apprécient tantfemme-peinte-moitie-blanc-moitie-noir

-         Vous me perdez un peu là...

-         Et,  pour ne rien arranger, je continue, quand toute votre vie vous vous êtes conformée à tout ce que l’on attendait de vous, les gens ont tendance à qualifier votre nouvelle prise de conscience de, au choix:  crise de la quarantaine/cinquantaine, arrivée de vos règles, ménopause aux portes de votre utérus, et j’en passe. 

Il toussote  

-         Je ne comprends pas tout mais je vous sens bien en révolte quand même. Dans cette part sombre que vous évoquez, il me semble aussi qu’il y a encore beaucoup de tristesse tout de même et de colère. D’où viennent-elles selon vous ? 

 -         Ce sont toutes les larmes que j’ai ravalées, les sanglots étouffés, les gémissements dans l’oreiller, les reniflades sous la pluie (team A HA - crying in the raaaaiiiiin), toutes ces fois où vous gardez la face tandis que tout s’écroule à l’intérieur de vous, tout ce chagrin accumulé, la frustration, la colère, la solitude, qui, à l’automne, remonte comme une nausée, sous l’ombre qui avance…

 -         Vous êtes bien sombre

 -        c’est ce que je disais, on ne peut pas n’être que lumière- je réponds tout bas. Je déteste cette saison- je soupire longuement en souriant un peu-… l’automne est une agonie.

Je me redresse un peu et reprends 

-         Je ne suis pas parfaite, je fais de mon mieux avec ce que je suis. Sincèrement, je fais vraiment de mon mieux. Et je donne sans retenue ni calcul tout l’amour que je peux. J’y laisse mon énergie parfois. Mais je suis aussi quelque fois égoïste, peut-être méchante, mauvaise langue, centrée sur mon nombril, prétentieuse, menteuse et j’ai même des pensées impures- je rajoute avec un clin d’oeil 

 Il sursaute légèrement en souriant timidement. Craquant...

-         Nous le sommes tous un peu n’est-ce pas ? ombre et lumière ? murmurre-t-il

 -         Et ça, personnellement, je peux l’accepter. 

 -         Vous avez réfléchi à comment marquer ce prémice de libération?

 -         Sur ma peau

 -         Pardon ?

 -         Je me suis faite tatouée, j’avoue avec un petit sourire de plaisir

 -         Pardon ?? !!

 -         Ne me dites pas que vous êtes choqué quand même !

 -         Mais pas du tout! proteste-t-il Surpris oui ! sur le cul même pour être honnête

 C’est à mon tour de m’écrier :

-         pardon ?! 

 -         Non mais c’est génial ! Et le thème ? un brasier? une kalachnikov? une phrase inspirante? ou un simple “sauve qui peut” ? 

 -         Non, je souris, un feuillage qui remonte le long de mon dos et m’enlace sous les côtes.  C’est très fin, comme une broderie posée sur ma peau. 

 -         Douloureux ?

 -         5 h de souffrance, je rigole, mais je l’adore. 

 -         Je peux le voir ? 

 -         disons - dis-je en rougissant un peu- qu’il fait tout mon dos, et qu’il termine sous mes seins.

Il déglutit 

-         On arrête la séance ? et promis je ne regarderai que les feuilles et le style du dessin. L’art et la botanique sont les deux mame- euh sont mes deux seules motivations

Je ris un peu et réfléchis un instant.

J’écoute en moi : ma morale me liste sur son ton docte et monocorde toutes les raisons qui vont bien dans ce genre de situation, tout ce qui se fait et ne se fait pas. Mon corps, mon cœur et tous mes sens me chantent une tyrolienne version métal sur tous les tons

Et je crois bien que j’ai toujours eu l’oreille musicale finalement …

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05 juillet 2019

Dialogue avec mon psy - épisode 7

Il est dehors, pieds nus sur une terrasse en bois ; des éoliennes en métal tournent doucement dans la brise émettant des sons de hang drum (les couscoussières zen).  Chemise en lin, jean sur la taille, barbe de 3 jours (qui ne pique toujours pas), il est là mon psy à moi.

Il me tourne le dos. Ça fait tellement longtemps, en même temps j’ai l’impression que rien n’a changé, alors que rien n’est pareil. Je rentre chez moi, c’est ça l’impression qui me tenaille, j’ai la sensation de rentrer chez moi.

Je viens blottir la main dans la sienne, sans autre intention exceptionnellement, parce que mon cœur est en charpie, lacéré, brisé en mille et un morceaux éparpillés aux 4 coins de mon âme.

Il lève alors son bras pour que je vienne contre lui, que j’entende son cœur à lui battre sereinement, ce rythme qui essaie de donner l’élan au mien, pour qu’il recommence à tambouriner comme un passereau sous extasy de me savoir si près de lui .

Sunset-landscapes-nature-wheat-fields-dusk_1920x1080

Nous restons quelques minutes à contempler en silence, les vagues du vent dans les blés, les dessins aléatoires des passereaux et moi les abdos de mon psy que j’entraperçois entre 2 boutons ( c’est tout aussi rassérénant que le reste croyez moi)

Puis, avec douceur, mon psy de folie nous rapproche des fauteuils de la terrasse. Il fait doux, le crépuscule se fait sentir, aucun moustique, aucun moucheron, aucun papillon de nuit en embuscade, des guirlandes solaires prennent des couleurs à mesure que le jour s’éteint

-          Vous voulez en parler ? commence-t-il dans un murmure grave 

Avant que j’aie pu émettre un son, deux grosses larmes s’écrasent sur mes genoux

-          Je ne sais pas quoi dire. Elle est partie. On a encore du mal à le réaliser ma sœur et moi tant on a l’impression qu’elle a fait en sorte que ce soit petit à petit, Alzheimer, la première opération de la hanche, la seconde et dernière, comme si elle nous quittait peu à peu. Mais au final, on n’était pas si prêtes que ça ….

Mon psy sourit tendrement avant de se redresser :

-          Vous avez une sœur ?

-          Ouh la ! oui et vous lui plairiez certainement énormément (il se rengorge). C’est pour ça que je ne vous la présenterai pas (psy qui se dégongle comme un soufflé. Note de l’auteur un peu traitre sur les bords : dsl sister !!)

Puis un coup de vent ramène sur moi les nuages sombres

" - Il n’y a rien expliquer. Elle a laissé en nous un gouffre énorme, béant, qu’il faut remplir maintenant. Tant de place, tant de vide, tellement de temps sans elle désormais. et toujours cette même question : est-ce qu’on aime suffisamment ? Est-ce qu’on le dit assez ? Est qu’on a donné  « assez » ?

-          Vous pensez qu’elle s’est sentie aimée ?

-          Oui, je souffle

-          Avez-vous manqué d’amour ?

-          Non, je soupire

-          Alors tout est dit.

-          Peut-être …

-          Comment vous gérez tout ça ?

-          En serrant les mâchoires ? je réponds dans un demi-sourire (mâchoires crispées obligent). Je dispose d’un temps supplémentaire dont je n’ai pas voulu, moi qui me plains sans cesse de manquer de temps libre. Je n’ai pas envie de remplir cet espace de temps si précieux avec du rien, du quotidien, du ménage, du banal, de la routine. Je lutte chaque jour contre un mental qui me harcèle avec des « il faut trouver un sens à tout ça »

terrasse-zen-en-bois-avec-eclairage-spotJe reprends ma respiration :

-          Mon mental est un bâtard.

-          Qu’est-ce que vous voudriez changer ?

-          J’ai 4 h? bon, ok, j’en ai marre de vivre les mêmes journées, de recommencer chaque matin en cherchant encore le beau, le bon, le bien. Je veux me sentir vivante, vibrante, intéressante.

-          Comme je vous vois ?

-          Exactement comme ça… avec une pointe de désir fou ce serait parfait."

 Son œil s’allume.

"J’ai rien dit ! je ne veux plus être « la femme de » (je rêve ou il a applaudi?!), revoir mes collègues (que j’adore pourtant) et  jouer avec eux ce simulacre de relation parce que je reste la femme du patron, donc je ne pourrais rien lâcher et qu’ils ne pourront rien me donner. D’être celle qui apaise alors que je bouillonne à l’intérieur parce que c’est ce qu’on attend de moi et que ça je sais le faire, je ne prends aucun risque. Savoir que je vais rentrer chez moi, m’occuper l’esprit et les mains comme je pourrais en attendant que la journée meure pour en démarrer une autre identique.

-          Hum ... un vrai tourbillon de joie rétorque-t-il d’un air taquin. Et mister bidule dans tout ça ?"

Le running gag du psy. Et ça le fait rire évidemment. Comme à chaque fois

" -        Il fait de son mieux. Mais ce dont j’ai besoin, il ne peut me l’apporter

-          Moi je p…

-          Non même pas vous. Je ne peux lui en vouloir. Il fait ce qu’il peut à son échelle. Mais ce n’est pas à lui de combler tout ce vide, c’est à moi.

-          Alors, de quoi avez-vous besoin ?

-          De frissons, d’énergie nouvelle, qu’on me rencontre, qu’on me découvre, non que je me découvre. Qui je suis réellement. Et l’être vraiment, simplement. Je ne suis pas déprimée. Je ne suis pas en pleine dépression. Je dispose actuellement d’une énergie que je peine à épuiser. Je n’ai pas envie d’être raisonnable et sage. Je me suis conformée jusqu’à maintenant à tout ce qu’on attendait de moi. J’ai envie de voir ce que ça donnerait si je laissais là ma peau de sainte.

-          En gros, vous vous faites une crise existentielle en stage intensif…

-          Vous savez récemment, j’ai fait plus de massages que d’habitude. J’ai rencontré des gens qui ont cherché ma compagnie, m’ont complimenté sur mon attention, mon toucher, ma bienveillance ; il y en a même un,  qui m’a dit plein de jolies choses sur moi, sur ma douceur, mon regard etc.

Un léger froncement de sourcil

-          Et c’est qui ? et pourquoi ? il voulait quoi ?

Je ris un peu. Il est mignon quand il joue les jaloux. Je le rassure

-          Je sais que cette personne a dit ça dans l’instant, dans le mood comme disent les jeunes, qu’il le dit probablement à toutes les masseuses qu’il croise. Mais d’un autre côté, j’en ai marre de me dire tout cela. Parce que j’ai envie de croire à ces choses, j’ai envie de les entendre, qu’on me trouve différente de ce que je suis « normalement » et « moralement ». Parce que ça pourrait être vrai aussi non ?

-          Je plussoie ! Assurément !! affirme –t-il en hochant vigoureusement la tête comme un gosse.

-        Je dois revivre, faire quelque chose de cette hyperactivité. Parce que j’ai peur que si je n’en fais rien, ça finisse par s’effondrer comme un soufflé et qu’après il ne reste que mon enveloppe froide et raplapla

-          Je doute que vous ne soyez jamais plate et …

C’est à mon tour de froncer les sourcils

« - j’ai besoin de vivre des choses en dehors de mon cercle même si je les adore.

-          Un plan de bataille ?

-          Mon amie de toujours est en train de me l’établir … et puis j’ai repris mes stylos et mon clavier, c’est déjà un premier pas "

Il m’aide à me relever et me serre contre lui. Je respire son odeur. Je suis vraiment chez moi dans ses bras.

Mes mains semblent vouloir descendre peu à peu. Je souris. Le passereau revient. Je crois que je suis sur la voie de la guérison.

 

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31 mai 2017

Ce matin-là

J’ai beaucoup hésité à écrire cet article tant à la fois il est personnel et un peu tabou quelque part aussi.

Alors, voilà, je viens d’avoir 44 ans.

C’est jeune, je l’ai toujours pensé. L’âge c’est dans la tête. Ok peut-être aussi au coin des yeux.

Et puis depuis quelques temps, je me rends compte que mon âge il est peut-être aussi dans mes hormones.

Il y avait bien la sorcière de ma collègue (une acupunctrice un peu barrée) qui m’avait averti d’un léger ralentissement hormonal. Vu que j’étais concentré sur les aiguilles dont elle venait de me hérisser le corps (bon ok j’exagère y en avait 4 mais très « présentes »), je n’ai pas plus relevé que ça.

La graine était plantée pourtant et elle a germé dans la nuit. Toute la nuit en fait. J’y ai repensé, j’ai realisé que la ménopause n’était pas si loin. J’ai eu peur, j’ai ressassé, j’ai ruminé.  Et j’y ai repensé encore. Résultat, au réveil, j’avais vraiment l’air d’avoir 153 ans…

La journée aidant, et d’autres soucis plus importants supplantant ce petit sursaut d’égo, je suis passée à autre chose.

Oui, parce que lorsqu’on avance dans les années, on change de « période » : on a traversé les phases mariages, naissances, puis on atteint la formule « mes copains divorcent, mes copines se rebellent, les ados se multiplient, ma famille se réduit peu à peu ». On pleure les proches qui partent, on sait que c’est la vie, mais ce n’est pas parce que c’est logique que ce n’est pas bouversifiant. Les deux notions sont hélas parfaitement compatibles.

Bref !

Et puis, je fais un super stage de massage (relaxation coréenne) hyper physique pour le masseur, je suis sur les rotules en fin de journée. En fait non pas sur les rotules justement, parce qu’elles sont toutes bleues . Pour info, la relaxation coréenne, c’est un massage qui se donne au sol sur un futon et 2 jours intensifs en tête à tête avec le prof font que je profite de chaque instant , y compris les pauses pipi pour me relaxer les genoux.

D’ailleurs, à cette occasion, je remarque quelques tâches. Je me dis c’est pas grave. Même si je fais du sport régulièrement (pas comme une dingue mais un peu chaque jour), ces deux jours m’ont rincée comme pas possible, alors ça peut arriver non ?

Et finalement, non, il y a ce matin-là où je constate que c’est un nouveau cycle qui démarre. Au bout de 14 jours. Moi qui suis réglée comme un papier millimétré.

photo mnopause-fi749276x430Des recherches sur internet j’en ai déjà fait des tas. Elles ne m’ont pas réconfortée loin s’en faut évidemment. Pas tellement pour les symptômes … quoique : bouffées de chaleur, kilos en plus (eh ben voyons ! ), perte de capacité intellectuelle (si si je vous assure) sècheresse vaginale (miam !), perte de libido, perte de muscle, tout qui pendouille, qui part en c**** … youpi…

 

Pourtant, à la réflexion, j’aurais du voir certains détails, des indices comme une taille qui s’épaissit un peu plus (comme si j’en avais besoin ! je pense que mère nature est une vieille frustrée qui a décidé de me pourrir la vie) alors que je m’escrime à faire davantage de sport quitte à me lever avant le soleil et que mon alimentation n’est pas délirante (excepté un petit kinder maxi avec le café au bureau oui mais j’ai le droit hein ! je travaille avec des informaticiens !)

Mais c’est surtout que je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles abordant cette phase comme un nouveau cycle, un nouveau départ, une phase même tout simplement. J’ai surtout vécu ça comme une fin, une fin de ma féminité, de ma jeunesse, de ma maternité, une perte, …limite un pied dans la tombe ou devant le déambulateur. Et j’ai réalisé qu’effectivement, quand on a ses règles pour la première fois, on te dit « aujourd’hui, tu deviens une femme ». Le pendant de tout cela (quel vilain mot que voilà), certainement, c’est donc que lorsqu’elles s’arrêtent ces fameuses ragnagnas, ben …tu deviens quoi ?

Comment bien aborder cette période pourtant inévitable sans déprimer grave ?

Alors on me dit que je suis enfin libérée, délivrée de tout ce rituel mensuel, de ces phases lunaires (et lunatiques ?). Mais perso, je n’ai jamais eu de relations conflictuelles avec mon cycle. Certes, je ne danse pas chaque mois la carioca, mais je ne suis pas non plus au fond du trou. Quelque part, je leur avais donné du sens.

J’ai versé ma larme ce matin là. J’ai eu l’impression de commencer  le deuil d’une période que je croyais encore bien longue.  J’ai eu aussi l’impression d’être précipitée vers la ligne d’arrivée d’un coup, sans avoir fait tout ce que je voulais, de ressentir l’urgence des choses tout à coup.

Attristée oui, mais pas désespérée.

Parce qu’après tout, Je me dis que je pourrais aussi faire fi de tout ceci. Et voir ce que ça va donner. J’ai toujours eu en horreur toutes les formes de déterminisme. Rien ne presse, tout ne va pas se faire en un jour. Je ne pense pas que mon identité soit uniquement dans mon flux non plus. J’ai envie de réinventer tout cela. Peut-être qu’un jour j’entamerai un nouveau thème ici : mes joyeuses aventures  en ménopausie.

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26 mai 2017

Lettre à Mini Loulou (19 ans et des paillettes)

J'ai eu envie pour une fois, de t'écrire directement, à toi mon fiiiiiils.

Il y a des fois où je me demande ce que j’ai réellement fait de ma vie, les soirs de pleine lune ou de déprime, moi qui devait devenir au choix : écrivain, photographe, aventurière, voyageuse solitaire, kiné, véto ou prof d’université. Et où je constate que le temps est passé tellement vite…

Et puis je regarde mes enfants et je me dis quelle chance quand même ! alors oui, mini loulou, tu n’es pas parfait, mais entre nous,  ça tombe bien, tes parents non plus ! En fait, tu es juste parfait pour moi.

Je pourrais te dire que tu es beau et intelligent. Mais est-ce que ça te suffirait ?

Rappelle toi quand tu seras parent à ton tour, de repéter à tes enfants jusquà plus soif, qu’ils sont beaux, qu'ils sont magnifiques (surtout si tu le penses!!). Tu auras beau leur dire mille fois, ils ne te croiront certainement pas. Mais si tu faisais silence, ils n’entendront que ça (je suis un peu la reine de la sagesse ce soir). N’empêche que oui, beau et intelligent tu l’es

Mais au-delà de tout cela, c’est cette énergie, cette force de vie qui attire autour de toi toute la lumière. Il y a des qualités d’âmes comme celles que tu possèdes qui rayonnent et irradient autour de toi.

Ton rire (atypique on en convient tous) est terriblement contagieux, te voir pleurer me brise toujours autant le cœur, te prendre dans mes bras m’émeut comme les premières fois.

Je pourrais parler à l’infini de toi sans forcément en faire le tour.

Je crois que la façon la plus simple pour résumer tout cela c’est de te dire que si tu te voyais à travers mes yeux, tu ne toucherais plus le sol.

Joyeux anniversaire mon petit loulou

coeur ciel

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20 avril 2016

Element majeur

Très honnêtement, je pensais laisser ce blog s'éteindre peu à peu. Je ne le renie pas mais je ne trouve plus le temps pour l'alimenter et je n'ai pas envie de me forcer à écrire pour me donner l'illusion d'être lue... si tant soit peu que je le sois ;-) .Mais je me suis faite rappeler à l'ordre par mon fort exigeant Mini Loulou qui s'étonnait de ne pas avoir eu, cette année, un message pour son anniversaire.

Et quel anniversaire puisque depuis le 15 mars, je n'ai plus d'enfants mineurs à la maison !

 

ailes

18 ans, c'est une étape, un cap. Histoire d'enfoncer le clou dans mon pauvre petit coeur de maman, dans la foulée, il a eu son permis, sa première voiture, son indépendance peu à peu. Il m'échappe comme le sable entre mes mains.

Il a muri d'un coup en trouvant sa voie, s'en ai trouvé apaisé et confiant. Il a connu la première douleur d'un coeur brisé, la colère de l'impuissance face à une histoire qui se termine.

Il avance, parsemant ses routes de projets de voyage, d'initiation au parachute (mon dieu je vais mourir!), d'airsoft (argh!!!!), d'amitiés solides et parfois imparfaites mais réelles. D'éclats d'un rire d'adolescent qui résonne encore pour l'instant entre nos murs.

Il a une vraie capacité au bonheur, il sait capter les bonnes choses, s'en délecter, ne pas s'enliser dans le défaitisme, être conscient quand il n'est plus objectif et savoir que tout ça, ça passera aussi.

Il a un humour (très) décalé, nous pilonne littéralement de blagues tout au long de la journée (re-argh !!!)  et chante "Femme" de jean luc lahaye avec beaucoup de conviction (je n'ai aucune explication cohérente à ce phénomène...)

Je n'ose pas toujours lui réclamer un calin car je respecte la distance dont il pourrait avoir besoin. Mais bon, puisqu'il va me lire, qu'il n'hésite surtout pas !

J'ai vu pousser ses ailes, je les ai aider à se construire. Il les agite de plus en plus ces derniers temps. L'envol n'est pas loin et tout mon amour l'accompagne (ainsi qu'une toute petite balise gps de rien de tout).

Mais bon, on a le temps non ? On est pas obligé de cramer le nid tout de suite non plus ?

Joyeux anniversaire mon petit poussin ^^
 

995770poussinpaypal

 

 

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